Joseph Breitenbach, 1939

Je vais, pour l’instant, terminer la séquence sur Joseph Breitenbach. Je le fais sur ce portrait pris dans un des camps français où il a été interné entre 1939 et 1941.

Anonyme, Joseph Breitenbach, 1939-40

An., Breitenbach 1939

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Ilse Bing, introduction

Une autre photographe allemande se trouvait à Paris dans les années ’30. Elle aussi, tout comme Breitenbach se retrouve dans un camp d’internement français avant de pouvoir émigrer aux États-Unis. Appelée la « Reine du Leica » par Emmanuel Sougez (photographe et critique), je me suis souvenue de cet autoportrait resté célèbre pris à Paris en 1931

Ilse Bing, Autoportrait dans les miroirs, Paris 1931

Ilse Bing, autoportrait 1931a

© Estate of Ilse Bing Wolff

J’ai découvert celui-ci pris la même année à Paris:

Isle Bing, Me in the mirror with Leica , Paris 1931

Ilse Bing, autoportrait 1931b

© Estate of Ilse Bing Wolff

J’aime bien qu’en 1986, elle ait joué le jeu pour le photographe Abe Frajndlich. Exceptionnellement, je garde la photo en couleur…

Abe Frajndlich, Portrait de Ilse Bing, 1986

Frajndlich, Portrait de Ilse Bing

© Abe Frajndlich

Un très beau portrait de Bing par une autre photographe allemande dans un contexte particulier, Herlinde Koelbl:

Herlinde Koelbl, Portrait de Ilse Bing, ca 1988

Koelbl, Portrait d'Ilse Bing

© Herlinde Koelbl

Il y a d’autres portraits et autoportraits d’Isle Bing, ce sera pour la prochaine fois. En attendant il ne faut pas manquer le livre d’où est tiré ce dernier portrait:
Herlinde Koelbl: Jüdische Portraits. Photographien und Interviews (1988)

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Breitenbach, autoportraits

Je note en passant, pour ne pas l’oublier, que Breitenbach a lui-même adopté « Joseph » comme orthographe de son prénom (plutôt que le « Josef » de l’origine) après son arrivée à New York en 1941. Bien que l’on trouve l’une ou l’autre des orthographes dans la littérature, je privilégie celle qu’il a lui-même choisi.

Il m’a été difficile de trouver des portraits de Joseph Breitenbach; j’en retiens deux, je ne sais pas s’il s’agit d’autoportraits. L’un était utilisé dans une publication allemande (1935), l’autre dans un article de Life (1945).

Anonyme, Joseph Breitenbach, Paris, ca. 1935

Anonyme, portrait de Breitenbach

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Anonyme, Joseph Breitenbach, 1945

Portrait de Breitenbach, 1945

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À part l’autoportrait daté de 1932-1933 que j’ai présenté dans le billet du 9 janvier, probablement pris à Munich, j’en ai retrouvé deux. Le premier (je n’ai pas su situer la date) est possiblement pris aux États-Unis; je le retiens aussi comme exemple d’un autoportrait avec modèle.

Joseph Breitenbach, Autoportrait

Joseph Breitenbach, Autoportrait

© The Josef Breitenbach Trust

Le second pris en 1947 rappelle l’importance que le surréalisme a eu pour lui.

Joseph Breitenbach, Autoportrait, 1947

Joseph Breitenbach, Autoportrait 1947

© The Josef Breitenbach Trust

Maintenant: préparer avec grand intérêt sa notice biographique!

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Breitenbach et Max Ernst

Joseph Breitenbach et Max Ernst se sont connus à Paris dans les années ’30, tous deux d’origine allemande, tous deux exilés. Breitenbach a photographié Ernst à plusieurs reprises, j’ai présenté deux de ces portraits dans le billet du 9 janvier.

Après la déclaration de la guerre en 1939, ils ont tous les deux subis le sort des exilés allemands: le paradoxe absurde. Rejetés par leur pays d’origine, déchu de sa nationalité en 1938 dans le cas de Breitenbach… ils se retrouvent dans des camps d’internement français en tant que ressortissant ennemis. Par des filières différentes, ils ont réussi à se réfugier en 1941 aux États-Unis; et c’est à New York que Breitenbach a pris ce portrait daté de 1942. Que fait-il avec des hippocampes?

Joseph Breitenbach, Portrait de Max Ernst, New York 1942

Breitenbach, Portrait de Ersnt 1942

© The Josef Breitenbach Trust

Pendant les six années que Breitenbach a passé à Paris (1933-1939), il a été très actif dans le milieu des exilés. Ses photos de cette période ont été « découvertes » en 1984 après son décès survenu à New York. Une grande partie de ces photos sont des portraits des exilés allemands, artistes, écrivains, scientifiques, etc.

Source et pour aller plus loin
Un must pour qui s’intéresse à Joseph Breitenbach est le livre rassemblant les portraits d’exil:
Keith Holz, Wolfgang Schopf. Allemands en exil – Paris 1933-1941. Écrivains, hommes de théâtre, compositeurs, peintres photographiés par Josef Breitenbach, Autrement, 2003

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Steichen en miroir…

En recherchant portraits et autoportraits de photographes, que ce soit sur Internet ou dans les livres, il m’arrive assez fréquemment de trouver des photos en miroir. Je l’avoue, cela m’agace… question de bien faire les choses. Quelle est la « bonne » version? l’original?

Dans le cas de cet autoportrait de Steichen, une version est datée de 1915, l’autre de 1917.

Edward Steichen, Autoportrait (1917)

Steichen, Autoportrait

© Edward Alfred Steichen

Edward Steichen, Autoportrait (1915)

Steichen, Autoportrait

© Estate Edward Steichen

Heureusement pour les puristes, la petite tache sur le front se trouve systématiquement dans ses autres portraits sur le côté gauche. Par conséquent, la « bonne » serait donc celle de ‘1915’.

Steichen s’est très souvent photographié. Un de ses autoportraits que je préfère reste jusqu’à présent celui de 1929:

Edward Steichen, Autoportrait, 1929

Steichen, autoportrait 1929

© Estate Alfred Steichen

Il y en a bien d’autres sur lesquels je reviendrai. Pour l’instant… une petite pause, je ne peux m’empêcher de revenir sur ce photographe déjà rencontré: Joseph Breitenbach.

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